Une nouvelle réglementation pour la publicité digitale en 2018

En 1993, la loi Sapin apparut dans le but de donner une certaine transparence au marché publicitaire français. Elle imposait à tout vendeur publicitaire d’informer son annonceur sur les conditions de réalisation de ses prestations, dans les mois suivant la diffusion du message publicitaire. En 2015, la loi Macron prévoyait d’élargir ses préoccupations au champ de la publicité en ligne. Cependant il faudra attendre le décret du 09 février 2017 pour que les modalités d’application de ces lois soient réellement pris en considération. Ce décret a donc été longuement attendu, de nombreuses réclamations le concernant ont d’ailleurs été déposées auprès de l’UDA (Union Des Annonceurs) par de grandes entreprises. Les dispositions de ce décret entreront donc en vigueur à compter du 01 janvier 2018 et concerneront les vendeurs d’espaces publicitaires ayant établis leur activité en France ou dans tout autre État faisant parti de l’Union Européenne.

La publicité digitale concerne dans le cas de ce décret, toute prestation ayant pour objet la diffusion de message sur tout support étant connecté à internet. La disposition majoritaire de cette nouvelle réglementation comprendra principalement le fait que tout vendeur d’espaces publicitaires se trouvera dans l’obligation de communiquer à ses annonceurs un compte rendu comprenant plusieurs éléments caractéristiques sur ses prestations, tels que la date et les emplacements de diffusion, le prix global de la campagne et le prix unitaire des espaces publicitaires facturés. Les objectifs majeurs de ce compte rendu seront donc de :

  • Pouvoir s’assurer de la réalisation des prestations.
  • Pouvoirs s’assurer de la qualité technique des prestations.
  • Protéger l’image de la marque de l’annonceur.

Cette obligation sera d’autant plus renforcée en ce qui concerne les campagnes s’appuyant sur des méthodes d’achat et de prestations en temps réel sur des espaces non garantis, notamment par des mécanismes d’enchères, pour lesquels les critères déterminants de l’achat sont le profil de l’internaute et l’optimisation de la performance du message.

L’autre point fort proposé par ce nouveau décret vise à maîtriser le lourd problème de la fraude au clic publicitaire. Effectivement, de récentes études on démontrées que la moitié du trafic sur internet serait généré par des robots et qu’au moins la moitié des publicités ne seraient pas réellement vues par des humains. Afin de remédier à cette situation, la nouvelle réglementation prévoit donc un meilleur encadrement de l’achat programmatique et des processus automatisés d’achat d’espaces publicitaires sur internet. Une mise en place permettant donc de lutter contre les contenus illicites et d’étouffer les ressources financières des sites sur lesquels les annonceurs ne désirent pas voir apparaître leurs publicités. C’est actions s’inscrivent particulièrement dans le cadre de la charte anti-piratage, signée au Ministère de la Culture en 2015 et visant à éviter la diffusion de publicités sur des espaces contrevenants.

L’introduction d’une réglementation de ce type dans un espace de liberté tel qu’internet a lancé un certain froid sur les transactions en ligne. Mais d’un autre côté, cela permettrait également d’alléger l’atmosphère de défiance régnant sur le secteur. L’application de ce décret dès le début de l’an prochain devrait donc apaiser certaines tensions et ravir tous ceux qui l’ont réclamé depuis trop longtemps déjà. Pour de nombreuses personnes, il représente un réel aboutissement.

 

Justine Gabet pour juliettefigoureux.com

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